Français - French   2010/09/06

Carnet de route

12/08/2006 : titre
 

Mardi 08 août 2006, Strasbourg.


C’est de cette magnifique ville de France et capitale européenne que nous avons décidé de symboliquement prendre le départ de notre périple. Strasbourg, chef lieu alsacien, d’environ 300 000 habitants, en gros…est une ville paisible en été. Je dis en été car nous la visitons en été, je ne peux donc parler que de cette saison. Loin de la canicule du sud, d’où nous sommes partis, c’est avec un grand plaisir que nous nous déplaçons dans cette ville pleine de charmes. Fleurie et colorée, aux maisons typiquement agencées, aux ruelles pavées et aux pistes cyclables bien conçues, cette grande commune de l’est de la France est une merveille. Chargée d’histoire bien sûr mais si moderne. Ce sont donc des jours sympathiques que nous passons ici. Je voudrais à présent, après avoir sillonné le centre ville à pied et à vélo, me rendre au parlement européen. Voir à quoi il ressemble premièrement. Ont-ils réparé les dégâts causés par les agriculteurs? Par exemple. Et deuxièmement voir s’il est possible de rencontrer des personnes susceptibles d’être attentives à notre projet…


…C’est déçu que je reviens des institutions européennes. Non pas que l’architecture me déplaise, quoique rien d’exceptionnel, encore du fer et du verre avec la signature personnelle d’un architecte, mais personne à qui m’adresser si ce n’est les « gardiens ». Je me doute que le mois d’août n’est pas la période de grande activité mais tout de même. Pas un bureau d’ouvert ou accessible, personne. Déserté. De grands bâtiments contemporains érigés fièrement dans un vieux et beau quartier de Strasbourg, comme des blockhaus imprenables. Mais où doit se rendre le citoyen européen s’il a une question à poser, à qui parler, si ce n’est par mail ou courrier. J’ai testé Internet, mais rien de positif en fait. On ne faisait que m’orienter vers différents services, mais pas une réponse claire, pas un contact sérieux. C’est pour ces raisons que je me suis déplacé physiquement. Je cherchais juste quelqu’un à qui présenter mon projet ou prendre un rendez-vous. Bref, nous avons tout de même fait une rencontre sympathique. Une dame nous a parlé de la ville, de son histoire et nous a guidés gentiment vers notre destination. Merci Véronique. Comme quoi la simplicité des rapports existe toujours et contraste avec l’impressionnante difficulté de contacter une quelconque autorité si petite soit elle ! Ah, au fait, il y a encore des traces du passage des agriculteurs…


Aujourd’hui, jeudi 10 août, j’en ai après la société qui nous a vendu cette espèce de camping-car. Depuis le début, depuis le premier essai, la première sortie, nous n’avons que des ennuis. Depuis le jour même de la livraison ! Notre tour d’Europe devait normalement démarrer fin juin au plus tard. Nous sommes le 10 août et nous sommes toujours en France. Sur la « ligne de départ », mais en rade ! Je ne vais pas énumérer tous les tracas que nous avons connus, mais actuellement nous sommes bloqués ici car nous ne pouvons plus recharger en énergie, en électricité…avec trois panneaux solaires et une batterie supplémentaire ça laisse rêveur. Alors, après la fuite sur le toit qui nous a empêché de dormir toute une nuit, car inondations à l’intérieur, nous voilà en attente de nouvelles réparations. Je remarque une chose, c’est que dans ce cas aussi je n’ai pu rencontrer le, la ou les responsables, le ou la patronne, je ne sais qui mais quelqu’un de compétent et professionnel. Etrangement, là aussi, personne à qui parler. Seulement par courrier. Chose faite ! Donc.


Mais actuellement, notre départ pour l’Allemagne, est repoussé à quelques jours, jusqu’à quand je ne saurais dire en fait. Demain matin nous devons nous rendre au garage.


A quelque chose prêt malheur est bon, dit-on, non ? Nous avons profité de ce temps pour flâner dans les rues de cette ville où il fait bon se promener. Strasbourg a beaucoup à proposer aux touristes de passage et l’on doit se sentir bien y vivre. Du centre-ville, aux quais, au stade de La Meinau toutes les rues ont quelque chose à vous dire. Bien sûr Strasbourg se transforme et se modernise, l’architecture évolue, mais elle préserve une réelle identité.


Samedi 12 août 2006 Nous nous apprêtons à partir. Demain direction l’Allemagne et Karlsruhe ! Enfin nous mettons les gaz!…un jour peut-être les voiles mais pour l’occasion ce sera les gaz. Pas une très longue étape en réalité, environ 80 Km seulement séparent ces deux villes. Après les derniers petits réglages, nous prendrons la route et rendrons visite à nos voisins européens.


Par-dessus les maïs, à travers les allées de châtaigniers ou derrière une verdure importante viennent à moi les clochers. C’est ainsi que m’apparaissent les premières images de l’Allemagne. Tout en longeant la Forêt-Noire sur la droite, nous rentrons dans le premier pays de notre parcours.


L’Allemagne, pays le plus peuplé de l’Union européenne, environ 82 500 000 habitants, soit 231.1 au km². Entourée par les Pays-Bas, le Danemark, la Pologne, la République Tchèque, l’Autriche, la Suisse, la France, la Luxembourg et la Belgique, avec un accès aux mers du Nord et Baltique. République fédérale de l’Allemagne depuis 1949, c’est un état démocratique et parlementaire. Un chef de l’Etat, président de la République fédérale, au rôle plutôt représentatif et un chancelier issu de la majorité parlementaire.


Première étape donc, Karlsruhe. Après avoir dormi samedi soir à Rastatt, nous sommes arrivés à Karlsruhe dimanche en début d’après-midi, sous un ciel plus que menaçant et toujours à notre droite, la Forêt-Noire, d’où s’échappaient avec lenteurs des brumes lourdes. Ambiance automnale dans la région du Bade-Wurtemberg. J’ai l’impression que nous suivons le mauvais temps. Depuis notre départ, il ne se passe pas une journée sans pluie. C’est assez pénible. Mais cela ne nous gâche pas le plaisir de découvrir de nouveaux horizons.


Ca y est, les panneaux publicitaires en villes, campagnes ou sur les routes sont en allemand, les signalisations aussi. Demain nous nous garerons dans Karlsruhe et visiterons à vélo ce nouveau territoire aux maisons aux toits pointus. Il semblerait que le tramway soit un moyen de transport important dans cette ville de 280 000 habitants. Nous déplaçant en camping-car, il n’est pas aisé de circuler partout et nous avons eu la surprise de nous retrouver sur les rails des trams avec l’un d’entre eux qui avançait face à nous. Ca fait une « drôle » de sensation. Sous la pluie ! Nous avons à vrai dire hésité quelques secondes jusqu’à ce que deux voitures sortant d’une ruelle perpendiculaire un peu plus haut s’engagent et continuent à rouler sur les rails en croisant le tramway qui arrivait.  Ensuite, pour éviter ces lignes, j’eu une très mauvaise inspiration et nous avons dû faire quelques manœuvres pour nous extraire d’un cul-de-sac…


Bref, nous voilà posés quelque part dans Karlsruhe que nous découvrirons demain.


Karlsruhe, un camping onéreux, un château et une pyramide. Presque ; un très joli stand de fruits et légumes tenus par deux personnes très sympathiques et un grand café-boulangerie où l’on mange des pains bien consistants. Je dois dire que cette ville dans laquelle nous pouvons voir la plus vieille université technique d’Allemagne, ne m’a pas tant attiré que cela.  Nous n’y sommes donc pas restés et nous avons pris la route pour Sarrebruck, capitale de la Sarre. Environ 200 000 habitants, il y a là aussi un réseau important dédié aux seuls tramways. J’ai du mal à m’y faire on dirait. Et il pleut toujours !


En achetant mon journal, devant la gare et dans des containeurs transformés en échoppes, je discutais avec la vendeuse, elle me disait, dans un très bon français, que la pluie était un élément normal dans cette région, qu’au mois de juillet ils avaient eu deux semaines de beau soleil et depuis pluie tous les jours. Elle avait un des ces sourires en me disant cela. Moi je crois que je reviendrais plus tard ici et rouler un peu plus haut vers la Belgique…en espérant qu’ils aient une bonne fin de mois d’août.


J’aime beaucoup le vert des arbres, des plantes, les couleurs des fleurs et leurs odeurs, mais j’ai besoin de soleil en ce moment.


Pour le peu que nous avons vu de Sarrebruck elle parait accueillante, avec des péniches sur la Sarre, un centre-ville facile d’accès, grâce à la cityring (périphérique) assez simple, des jardins et parcs rafraîchissants, au mois d’août ça pourrait avoir une utilité. Et puis les gens ici comme à Karlsruhe sont très sociables et parlent aisément l’anglais, ou le français mais chose moins étonnante, il me semble, car Sarrebruck est située à la frontière avec la France et connaît aussi une histoire commune avec ce pays depuis bien longtemps, plus que cela même, depuis Louis XIV, c’est dire.


Au moment où j’écris je me demande, non, j’ai la forte envie de tout ranger et prendre la direction du Luxembourg. Alors, je ne sais pas si c’est un choix judicieux, mais j’espère bien trouver le soleil avant la fin de l’été.


De plus, est-ce le fait de débuter dans le « campingcarisme » ou bien l’Allemagne est-elle peu équipée pour le genre de véhicule avec lequel nous voyageons car nous avons des difficultés à trouver des places de stationnement en centre-ville, non pas pour y passer quelques jours mais pour pouvoir avoir accès de jour, au maximum d’informations et être au milieu des villes et non à l’extérieur, trop loin de tout.


Karlsruhe, un camping, 24 € la nuit sans électricité ou 10 € la vidange et le plein d’eau ! Ça laisse coi, non ?  Sarrebruck, un camping, 19 € la nuit avec électricité et le plein d’eau…que nous avons oublié de faire… mais pas équipé pour la vidange.


A Karlsruhe, nous avons trouvé un emplacement  proche d’un commissariat, nous y avons passé deux nuits, et obligés de vidanger au camping.


Il est donc normal de croiser très peu de camping-cars dans cette région…


Nous allons, après réflexions, restés un jour de plus ici. Nous avons passé la nuit dans un parking à côté d’une piscine et au réveil…soleil !!! Qu’une surprise.


Alors, c’est douche et on saute sur nos vélos pour partir à la découverte de cette vieille cité.



Hier, en début de soirée, un camping-car immatriculé dans la Picardie s’est arrêté prés de nous et le conducteur est venu taper à notre porte. Un monsieur aux allures sympathiques mais semblant épuisé me demanda s’il pouvait passer la nuit sur ce parking, sans crainte. Il venait de rouler je ne sais combien d’heures pour trouver un stationnement, en vain. Nous faisions tous deux le même constat ; pas simple de se poser avec un camping-car dans cette région, si ce n’est dans les campings. Et le but quand on possède ce moyen de transport est justement d’éviter les campings… Après avoir échangé quelques mots, nous avons passé la nuit avec des voisins.


Le lendemain matin, nous avons donc pris les vélos, longé la Sarre jusqu’au centre, attaché nos deux roues non loin de la gare et profité non seulement du soleil mais de cette ville qui offre plusieurs espaces de détente et de promenade. Quelques bâtiments de style baroque ont survécu au temps et aux idioties de l’homme, comme la guerre pour parler du pire ou encore une certaine frénésie immobilière qui se moque totalement des valeurs historiques et artistiques. C est une ville qui évolue et grandit. La rue principale la « Banhoffstrasse » est piétonne, commerçante et moderne. De nombreux parcs et places animés, qui en font aussi son attrait, dans lesquels je me suis laissé aller à errer quelques heures.


Nous avons donc bien fait de rester un jour de plus ici, mais demain matin nous décollerons pour le Luxembourg en quête d’un camping car il serait apparemment interdit de stationner en dehors de ces endroits, en camping-car. Le premier trouvé, à Mamer, où seulement deux caravanes étaient installées, était complet aux dires de la gérante. Nous nous sommes donc dirigés vers celui de Steinford où nous fûmes bien accueillis. Joli camping bien équipé, avec un seul petit défaut, la terre n’est autre que de la glaise et sous la pluie c’est une vraie patinoire mais grâce à deux hollandais, nous avons trouvé un endroit stable.


Lundi 21 août,


Grand-Duché du Luxembourg, 460 000 habitants, 162 ,4 au km². Pays frontalier avec la France, la Belgique et l’Allemagne. Monarchie constitutionnelle et parlementaire depuis 1868, le Grand-Duc en est le chef d’Etat. Luxembourg, la plus grande ville est la capitale et aussi une capitale européenne où là aussi, tout comme à Strasbourg de grands bâtiments de fer et de verre servent de bureaux aux élus européens, notamment au Secrétariat du Parlement.


La ville de Luxembourg est une belle cité en évolution, rien qu’à voir le nombre de grues, on comprend que ça construit de partout.


Château dominant la ville, parcs en contrebas et tout autour, des remparts terminés par Vauban, circulation facile, font de cette capitale un endroit agréable et plaisant.


La place du Marché aux Herbes est très animée, nous y avons apprécié un repas aux fromages ainsi que l’accueil des vendeuses.


Nous avons rencontré un libraire d’origine hollando-autrichienne avec qui nous avons eu une discussion très intéressante sur l’art africain.


Apparemment il semblerait qu’au Grand-Duché les salaires soient attrayants et les conditions de vie plutôt bonnes, pas de racisme et donc une certaine stabilité apparente. Mais selon certaines personnes croisées sur notre chemin, il ne faudrait pas que l’économie s’effondre car cette tranquillité et cette savoureuse ambiance pourraient changer.


J’avoue que le meilleur moyen de visiter une ville est le vélo. De plus, toutes les villes que nous traversons sont très bien conçues à cet effet. Un vrai plaisir, après le mal aux fesses passé ! Car je dois dire que je n’avais pas pratiqué le vélo depuis bien des années. Il a donc fallu que je m’y fasse.


Après avoir apprécié Luxembourg, nous nous sommes dirigés vers Echternach, capitale de la « petite Suisse luxembourgeoise », où  séjourna Victor Hugo. Nous avons passé la nuit prés d’un lac superbe, à 5 km de la ville et qui propose une jolie balade.  Au matin nous visitons ce site touristique et, après avoir déjeuné, nous avons pris la route de la Belgique, direction Bastogne.


Mercredi 23 août,


La Belgique, 10 300 000 habitants, 334,1 au km². Entourée des Pays-Bas, de l’Allemagne, du Luxembourg et de la France, avec un accès à la Mer du Nord. Tout comme le Grand-Duché, la Belgique est une monarchie constitutionnelle et parlementaire. Pays aux carrefours historiques les belges semblent imprégnés de ces diverses héritages. Une réelle déchirure persiste entre Wallons et Flamands et paradoxe belge par évidence, Bruxelles, la capitale se trouve en « territoire » flamand mais est à majorité francophone…


Première ville belge, Bastogne. Je voulais voir Bastogne pour des raisons historiques, je voulais voir et ressentir. Autour et aux portes de cette ville se sont déroulés de lourds combats pendant la seconde guerre mondiale.


Il y a aussi la légendaire course cycliste Liège-Bastogne-Liège, où de grands noms de ce sport se sont illustrés.


Nous avons rencontré des personnes très chaleureuses, comme Christian, originaire de la RDC (République Démocratique du Congo), avec qui nous avons échangé nos points de vue sur le monde, et l’Europe en particulier. Il en est ressorti que l’européen semblerait trop préoccupé par son petit confort pour pouvoir se donner le temps de regarder autour et se poser quelques questions essentielles concernant le rôle de l’homme sur la Terre et ses conséquences.


Je voulais voir Bastogne, c’est chose faite, non sans émotions.


L’ardoise, les pierres et les pavés tout gris donnent aux régions de Bastogne et de Liège une dimension étrange. Le ciel aux différents tons de gris se mélange au décor et à l’ambiance.


Liège, grand port et ville industrielle de 200 000 habitants, au centre-ville accueillant, n’est pas une ville dans laquelle je pourrais y séjourner très longtemps je crois. Je ne dis pas que c’est une cité moche, loin de là ! On y trouve de très beaux monuments religieux, la Meuse apporte aussi sa touche, les gens paraissent sympas, comme ce buraliste qui me chantait du Serge Lama en commentant ses chansons. Non, Liège peut plaire.


Après Liège, nous avons fait un petit détour par Maastricht, en Hollande, à 25 km. Maastricht où s’est signé le fameux traité en 1992 et où le chevalier d’Artagnan est tombé au champ de batailles lors du siège de 1673, dirigé par Louis XIV, encore lui. Cette ville m’a plue, vraiment. Malgré un centre-ville surchargé de touristes, de voitures, de camions, et d’animations, je m’y suis senti bien. Peut-être dû au soleil, peut-être… Nous n’y sommes pas restés très longtemps, la journée tout au plus. Mais parfois en peu de temps on peut apprécier ou non un endroit, comme une personne, et Maastricht me donne envie de revenir.


Mais je connaissais les Pays-Bas et je savais un peu à quoi m’attendre de ce pays, de l’ambiance, de l’architecture et des gens à vélo. Ce ne fut donc pas une réelle surprise mais plutôt une confirmation.


Ensuite nous avons dirigé notre « camion » vers Namur.


En 1978, suite à une différence de points de vue entre wallons et flamands il fut pris des décisions importantes. Comme regrouper certaines communes à une cité plus importante. C’est ainsi que Namur est passée de 33 000 habitants à 101 500 avec les 25 communes avoisinantes et par conséquent devenue la capitale de la Wallonie francophone.


Nous avons pris la « Route Merveilleuse » et admiré la vue du haut de la Citadelle. Nous avions face à nous une mer d’ardoises, impressionnant. Et toujours en bas, la Meuse.


Le soir, nous avons stationné sur un parking non loin d’une « maison close » et il est un constat à faire,  c’est une entreprise qui fonctionne bien et à toute heure ! En effet, toute la nuit des véhicules qui arrivent ou qui partent, un vrai chassé-croisé incessant.


Nous avons aussi fait la connaissance de Philippe, gérant d’un camping, avec qui nous avons passé une soirée fort intéressante. Il nous parlait si bien de son pays que nous sommes restés là, à l’écouter et à déguster une bière succulente, comme je les aime, pas pétillante, pas froide, bien consistante, bref, un régal.


Le lendemain direction Charleroi. Que dire sur Charleroi que nous avons si peu vu…il y a un musée de la photographie réputé, c’est une place importante de la BD ( Spirou par exemple),  un très grand marché le dimanche, qui envahit tout le centre-ville…Voilà… Charleroi ne m’a pas inspiré.


Le dimanche 27 août en début d’après-midi nous nous rendons sur Villers-la-Ville où nous devrions trouver de la bonne bière.


 


 Trop de taxes, disent  nos amis belges ! Des taxes pour des égouts qui n’existent pas, par exemple… ça parait incroyable mais c’est une vérité comme tant d’autres.


Après avoir siroté une « vieille Villers », bière fabriquée apparemment en Flandre et un peu trop pétillante à mon goût, nous nous sommes arrêtés à Wavre.


C’est encore sur le parking d’un centre commercial que nous avons stationné et à cause de la pluie nous y sommes restés deux jours.


Mercredi 30 août,


Nous voici sur un site historique, mondialement connu ; Waterloo. Une bute, du Lion, des musées, une taverne et une paisible et jolie campagne tout autour. Campagne qui servit de décor pour cette grande bataille où tombèrent, encore une fois, trop d’hommes.


Ensuite pour des raisons techniques, nous nous sommes mis à la recherche d’un camping. Besoin d’eau et de vidanger les eaux usées…


Voyager en camping-car n’a pas que des avantages. Et nous nous en apercevons jour après jour. Nous ne pouvons nous rendre partout, il faut éviter les centres-villes, faire attention aux hauteurs des ponts, être très vigilent dans les virages pour ne rien emporter au passage et se garer n’est pas un moment de plaisir. Bref, conduire un tel véhicule en ville est assez stressant.


De plus, puisque le sujet du camping-car est abordé, je voudrais parler d’une société qui, en France, détient un certain monopole dans ce secteur d’activité. Un regroupement de sociétés en fait dont la direction se trouve à Narbonne. Ville où je réside d’ailleurs. Je voudrais dire, qu’à part vendre et amasser de l’argent, ces gens sont d’une incompétence inouïe. Seule l’équipe de Strasbourg -Acheneim- qui nous a très bien accueillis, renseignés et réparé notre véhicule, s’est montrée à la hauteur. À Narbonne il en est totalement autre chose. Un manque de professionnalisme et de responsabilité  qui dépasse l’entendement. Je dirais même qu’ils font preuve de malhonnêteté.


Tout d’abord, vente d’un véhicule gagé ! Pare-chocs arrière et soute cassés, trou dans le plancher, lanterneau (ouverture sur le toit) qui s’envole alors qu’il est fermé, fuites provenant du toit, les compas des fenêtres hors d’usage, antenne parabolique mal réglée…et aucun responsable ou patron pour nous recevoir ! Il est certain que nous aurons un rendez-vous pour régler légalement tous les soucis et dépenses qu’ils nous ont fait subir. À cause de ces personnes nous avons eu un mois et demi de retard sur notre projet plus une semaine bloqués dans un camping, pas des plus propres, à Strasbourg. Nous leur avons fait part de la situation par courrier recommandé mais au bout de trois semaines toujours rien, aucune réaction…si quelqu’un a une solution qu’il nous contacte.


Voilà, la parenthèse est fermée,  mais il fallait en parler, je pense, non ?


Nous avons fini par trouver un camping tenu par un couple très sympathique avec qui nous avons discuté, au moins une heure. Ils nous ont offert la vidange et le plein d’eau en nous souhaitant « bonne route ». Merci à Véronique et son mari.


Les parkings des centres commerciaux sont un point de ralliement de certaines personnes la nuit. En effet, à chaque fois que nous stationnons en ces lieux désertés après 20h00, ils ne le restent pas longtemps. Des groupes de jeunes et de moins jeunes viennent s’y exprimer. C’est donc entre 01h00 et 02h00 du matin que le calme revient.


Jeudi 31 août,


Nous prenons la direction de Braine-l’Alleud en quête d’une bonne  brasserie, indiquée par Philippe rencontré à Namur. Ensuite ce sera Bruxelles qui n’est qu’à 20 km de Waterloo.


Malheureusement nous n’avons pu trouver cette brasserie, la « Caracole », dans Braine-l’Alleud, car c’est une petite ville avec peu de parkings où nous garer. Nous avons donc continué vers Bruxelles.


Capitale de la Belgique avec 1 000 000 d’habitants environ, Bruxelles est pleine de surprises. Elle est aussi une capitale européenne avec le parlement et la commission.


On ne joue plus Mozart sur la Grand-Place et le kiosque a été remplacé par des stands de brasseries belges.


Tombés au beau milieu de la fête de la bière, nous avons eu la chance d’être témoin d’une certaine activité. Installée sur la Grand-Place, elle donnait à ce lieu une dimension humaine, chaleureuse et bien sûr festive.


Nous avons trouvé le stand de la « Caracole » !


Amateur d’une certaine bière, certes, je ne me suis tout de même pas attardé. Ayant aussi d’autres centres d’intérêt, nous avons profité de ce que Bruxelles offrait tant en architecture qu’en culture, par exemple. Mais ce n’est pas en quatre jours que nous pouvons faire le tour de cette superbe ville.


Je trouve que les parcs embellissent non seulement les cités mais diffusent en même temps une ambiance, une atmosphère de tranquillité, de calme, comme une bulle de sérénité au milieu de la cohue urbaine. Et Bruxelles n’en manque pas, de parcs.


Cette ville n’a pas été construite sur un plateau, une plaine ou un terrain plat et à vélo ça se sent ! Mais bon, un peu d’effort ou de sport, ne peut pas nuire.


Devant le Parlement européen, une statue à la gloire de l’Euro – et non d’ Europe- est installée à l’entrée. Tout un symbole. L’Europe à travers une monnaie. Oui mais. Et après ?


La Belgique fut aussi un pays colonisateur, au Zaïre, le Congo belge, et nous trouvons beaucoup de galeries et de librairies spécialisées dans l’Art africain. Nous avons eu une discussion fort intéressante avec un collectionneur possédant une galerie commerçante, d’objets africains.


Chacun a le droit de penser ce qu’il veut et de défendre ses opinions. Seulement on ne peut connaître et comprendre un pays, son peuple, ses différentes ethnies qu’en y vivant assez longtemps et non à travers de simples voyages d’affaires. Enfin, il me semble.


Et c’est pour cela que je vais éviter au mieux de dire trop de bêtises et faire attention à bien peser mes mots. Mais, car il y a toujours un « mais »,  je voudrais dire quelque chose au sujet des conducteurs belges. Je pensais que les français étaient les plus mauvais, les plus sauvages et indisciplinés, ben, je dois avouer que nos amis et voisins belges, nous dépassent !


Ayant passé quelques années hors de France –trois ans et demi en Afrique-, à mon retour je  fus agréablement surpris par le comportement des conducteurs français. Plus assagis et plus respectueux des limitations de vitesse.


Par contre, en Belgique on respecte plus les piétons et les vélos !


On se sent bien à Bruxelles, même si deux voleurs ne parlant apparemment que le russe sont venus nous tester. Rien de bien inquiétant.


Les moules pas fraîches que nous avons mangées ont eu plus de conséquences malheureuses. Pourtant l’établissement, une des plus vieilles maisons de la Grand-Place transformée en brasserie, offrait un cadre des plus sympathiques, bien étudié et décoré, semblant garantir une certaine qualité culinaire. Il n’en fut rien. Le service, les bières oui, mais les moules frites non ! Nous n’étions pas chez la Mère Françoise…


…Le soir même je regrettais ce repas hasardeux.


Ce n’est pas cette expérience qui va nous faire quitter les lieux ni celle que nous retiendrons, mais nous devons nous rendre rapidement à Amsterdam car Armelle –mon épouse- doit prendre un train pour la France, pour quelques jours.


C’est à contrecoeur que nous décidons de prendre la route (2h30) pour la capitale néerlandaise et donc laisser derrière nous Bruxelles.


La Hollande, les Pays-Bas, le Nederland…et oui tout ça pour un petit pays dont plus du tiers est construit en dessous du niveau de la mer.


La Mer du Nord, au nord…et comme voisins l’Allemagne et la Belgique.


C’est une monarchie parlementaire. Amsterdam est la capitale hollandaise, mais le gouvernement se trouve à La Haye ainsi que la Cour Pénale Internationale.


Avec environ 16 500 000 habitants, 470 au km², la Hollande a la densité la plus forte de l’Union européenne.


Lundi 4 août, vers 16h30 nous entrons dans Amsterdam.


Le temps de trouver un camping, car en Hollande il est conseillé de stationner dans ces endroits et notamment à Amsterdam réputée pour ses sabots, qui bloquent votre véhicule, ainsi que pour ses vols de radios ou autres.


Il vaut mieux que nous restions quelques jours dans un camping et garer notre camion en sécurité, même si les prix nous semblent élevés. 20€ la nuit pour un camping-car, une ou deux personnes, c’est le même tarif.


Je suis déjà venu dans cette ville d’eau. Et j’en fus charmé dés les premiers instants. Unique, Amsterdam est unique. Bien sûr il y a Venise, mais ce doit être une autre ambiance.


Premier jour dans la ville et à vélo, évidemment.


C’est terrible, il y en a partout ! J'avais oublié ou alors il n'y en avait pas autant. C'est surprenant.


Et ça roule dans tous les sens, lentement ou rapidement, chacun à son rythme, mais avec une certaine facilité, sans s’arrêter.


Impressionnant le parking à vélos prés de la gare centrale. Avec un soleil couchant qui se reflétait sur les cadres, c’était une sacrée belle image remplie de lumière.


Attention aux passages réservés aux piétons. La police veille ! Mais elle s’est montrée tolérante.


Demain nous ferons une balade en bateau de 90 minutes. Petit tour touristique bien entendu mais j’espère pouvoir avoir une autre vision de cette ville, d’autres angles et pouvoir faire des photos.


Nous sommes passés devant le Musée Van Gogh, et le Rijksmuseum, celui de Rembrandt.


Là aussi, un superbe espace vert prés d’un château et entouré de musées où se croisent lentement une foule de personnes à vélo ou à pied. C’est vraiment sympa.


Les ruelles aux maisons étroites, aux couleurs et aux styles différents toujours avec de larges vitres et qui longent les canaux, ne manquent pas non plus de charmes.


J’aime bien Amsterdam.


Samedi 9 septembre,


C’est du camping-car que je peux « travailler » et me connecter sur Internet ! Là au réveil, je viens de boire mon thé et je suis sur mon ordinateur, à l’intérieur de mon véhicule, « comme à la maison ».


En effet ceci m’est possible car j’ai trouvé un très beau camping à une vingtaine de kilomètres d’Amsterdam, dans une petite ville qui s’appelle Loosdrecht. Au bord de l’eau, en pleine verdure, un cadre agréable, ce camping est  peut-être le plus intéressant de tous ceux visités. Il est équipé en tout, supermarché, restaurant, wifi (connexion sans fil Internet pour 5€ la semaine), avec un prix spécial pour septembre de 49€ les sept nuits en camping-car, électricité comprise et pour deux personnes ! Après les 20€ la nuit, c’est appréciable.


C’est mon premier jour tout seul. Armelle est bien arrivée à Narbonne. Après l’avoir quittée à la gare centrale de la capitale je suis allé acheter mon journal, mes cigarettes et j’ai repris le confortable tram en direction du camping. J’ai regardé les différents endroits possibles sur la carte, pas trop loin d’Amsterdam, pour y stationner les jours futurs, en solitaire.


Nous retournerons une paire de jours à Amsterdam ensemble, à son retour.


La petite croisière touristique était sympa. Cela nous à permis de voir la ville d’en bas, du niveau de l’eau, c’est bien aussi, il y a moins de vélo à ce niveau. C’est reposant.


J’ai pris un certain plaisir à faire quelques photos.


Ce qui est remarquable dans cette ville c’est que, qui que vous croisiez, n’importe quelle personne à qui vous vous adressiez, vous aurez toujours quelqu’un en face de vous qui vous répondra en anglais. Du chauffeur de tram au policier ou au restaurateur, à la banque ou à la gare, dans les rues, tout le monde parle plusieurs langues. Cela  permet de communiquer plus facilement.


Il est vrai qu’Amsterdam a connu une période d’enrichissement, où le commerce maritime avait un rôle très important. Aujourd’hui il a cessé d’être le plus grand port de Hollande, mais continue à faire partie des plus actifs d’Europe tout de même.


Tout a été pensé en fonction de l’eau, aussi bien l’urbanisation que l’agriculture. Irrigations, canaux, pompages, circulation, énergies, tout un système a été mis en place pour composer avec la nature.


Les champs sont séparés par des ruisseaux, les ruelles par de petits canaux et tout est relié par des ponts, sinon…


Depuis que nous avons quitté Strasbourg, nous avons vu différents types de vaches et de moutons, un nombre incalculable de ces espèces en voie de dégustation. Peut-être ai-je oublié ces images, ces souvenirs lointains, ou alors je n’en avais pas pris conscience avant mais je suis surpris par les quantités de bovins et de ovins que nous avons croisés. Je sais qu’en Ecosse les moutons sont aussi très nombreux et me doute que les pays de l’Est ne doivent pas en manquer non plus. D’autres espèces à découvrir peut-être…


En Belgique certains moutons avaient la langue bleue, et je crois que cette maladie vient d’arriver en France aussi. Je connaissais la langue bleue-grise de la girafe, mais du mouton je ne connaissais pas. Je ne saurai dire, dans le cas du mouton, lequel de la nature ou de l’homme a le plus d’influence sur cette évolution ?


Après avoir passé quelques jours en solitaire dans la région de Loosdrecht, Loenen, Maarsen…je suis retourné à Amsterdam récupérer Armelle. Deux jours à nous balader dans la capitale et ensuite route vers Utrecht et retour sur Loosdrecht car je tenais à lui montrer cette région. Certains hommes d’affaires et notables d’Amsterdam y auraient leurs résidences secondaires. De belles propriétés délimitées par de petits canaux verts et recouverts de nénuphars. Parfois cela ressemble un peu à des maisons de poupées, mais en règle générale j’ai beaucoup aimé le charme et la quiétude des lieux.


Ensuite nous décidons de prendre la route du nord, dans le but de visiter une île de la Frise.


Tout le long nous constatons le succès des éoliennes comme nouvelle énergie. Les moulins -encore visibles- ont été remplacés par des géants de fer. Les habitants de ce petit et plat pays ont su s’adapter à la nature et encore aujourd’hui utilisent ses ressources au mieux.


On remarque une certaine sérénité dans leur manière de vivre à travers l’entretien de leurs habitations, l’utilisation du vélo comme moyen de locomotion, par exemple.


On se sent bien en Hollande et les personnes que nous avons croisées, avec qui nous avons discuté, nous ont donné l’impression d’apprécier les visites des étrangers et surtout d’y être habitués.


C’est à Holwerd que nous nous arrêtons, dans un petit camping bien sympathique au pied d’une église au long clocher. Le responsable s’essaya très gentiment au français et nous reçut en sabot.


Le lendemain nous avons pédalé à travers la campagne et avons passé l’après-midi à Dokkum, petit village touristique.


Le temps était changeant, pluie, averse et beau temps en alternance, mais le 03 octobre nous profitons d’une journée clémente pour prendre le bateau pour Ameland. Petite île de la Frise située face à la Mer du Nord. On y accède par navette flottante et la traversée ne dure pas plus de 45 minutes. Je suppose qu’en été il doit y avoir foule. C’est très charmant.


Le village de Nés est le premier, celui qui reçoit les bateaux, ses passagers et un nombre incalculable de vélos qui fourmillent de partout en tous sens dans ce petit périmètre, c’est marrant.


Nous avons pris l’air marin et le vent en observant du haut des dunes les bateaux des pêcheurs et derrière nous de petits sapins semblant résister au climat.


Tiens, justement, le climat, en ces jours où la pensée unique semblerait, par effet de mode je le crains, s’approprier la question du climat et du réchauffement de la planète, je me souviens de ceux que l’on traitait de naïfs lorsqu’ils s’étonnaient du peu d’intérêts que nous portions à notre mère nature. Aujourd’hui nos élites, intellectuels ou gouvernants s’emparent du sujet et montrent tout d’abord leur surprise face à l’ampleur des dégâts.


A présent nous voyons partout des éoliennes géantes et des panneaux solaires alors que quelques années auparavant il était impossible politiquement et industriellement de l’envisager, bien que réalisable.


Tout n’est question que de volonté…et de rentabilité, en fait.


Bref, nous avons du retourner à Amsterdam car nous devions revenir en France pour trois jours et nous avons laissé notre camion dans un superbe camping à Amstelveen à environ 15 minutes de l’aéroport et tenu par un couple dont l’épouse est hollandaise et le mari belge, parlant donc le français. Tout ceci fut bien pratique.



…Notre parenthèse française terminée, nous sommes restés une nuit à Amstelveen et le lendemain matin nous prîmes la route de l’Allemagne, direction Münster.


C’est sous la pluie que nous avons fait la plus grande partie du trajet mais arrivés à destination le ciel s’est subitement ouvert et éclairé comme par enchantement. Nous en avons profité pour faire nos courses car cela devenait urgent et nous avons pris le temps de nous garer dans une petite ruelle non loin du centre. J’ai aussi eu une discussion chaleureuse avec un vendeur de poulets, sur le parking d’une grande surface. Il me disait qu’il venait de lire un article dans son journal, qui racontait l’histoire du bassin d’Arcachon et de la fausse maladie des huîtres. « Ce n’est que politique » me dit-il !


Je réalisais tout en discutant avec lui que nous communiquions sans peine et que ce vieil homme parlait l’anglais, qu’il faisait l’effort de le parler. Nous avons plaisanté quelques minutes et je suis rentré dans notre studio roulant.


Grâce à cet homme j’ai su qu’un immense parking se trouvait en centre-ville, un parking, le Hindenburgplatz, plus grand que la Place Rouge de Moscou, m’a-t-il dit.


Le matin nous sommes partis en quête de cet endroit. Il ne m’avait pas menti, c’est vraiment très grand et face à cet espace se trouve l’Université, beau bâtiment en U entouré de parcs. Nous y avons stationné deux jours et deux nuits.


Münster est une ville de taille moyenne où le vélo règne aussi. Sur la Domplatz pavée, une grande église en pierre blanche, aux portes de cuivre et aux vitraux sombres. Environ 200 mètres plus loin nous trouvons la Rathaus (mairie) construite avec les mêmes pierres que l’église.


Nous nous promenons dans ces rues commerçantes, animées et propres et nous avons le plaisir de trouver un journal français. Ensuite nous sommes allés voir une expo consacrée à Picasso, Braque et Miro dans un magnifique musée.


D’après des informations obtenues de la part d’un allemand de Münster, il y aurait dans cette ville beaucoup de nationalités différentes et les mélanges de cultures seraient une bonne chose pour la région et la ville. Il y a certains évènements culturels (artistiques, culinaires…) liés à chaque origine des minorités vivant dans la région et chacune est représentée à tour de rôle. C’est une idée sympathique.


24/10/2006 : titre
 
 

Le 13 octobre nous prenons très tôt la direction de Kassel.


Environ trois heures après et sous la pluie nous traversons cette ville aux très longues avenues. Tout semble être gris, le ciel, les murs, le bitume. Un peu par hasard nous trouvons un petit parking, juste en face d’un commissariat, qui nous paraît être un bon endroit pour passer la nuit. Le temps ne nous a pas permis de sortir de suite, nous avons donc farniente une bonne partie de la journée. Le lendemain nous nous déplaçons vers le centre.


A Kassel se déroule tous les 4 ou 5 ans la Documenta, un grand festival en l’honneur de l’art contemporain. Manque de pot, c’est pour l’année prochaine.


Il y a aussi sur les hauteurs un superbe château et un parc de 350 hectares, avec une statue d’Hercule, des cascades, des grottes, des sentiers pavés…un espace voué au romantisme.


Quant à la ville je suis mitigé. Cité reconstruite, « moderne », où le béton s’est imposé. Une grande place sobre, lisse, grise, traversée par les trams et aspergée par le jet des fontaines nombreuses. Le décor ne m’attire pas vraiment.


Nous avons trouvé un parking très grand et pratique du côté du château où les camping-cars avaient leur place.


Nous avons pu trouver les pannes qui étaient survenues les jours précédents. Plus de lumière du côté de la cuisine et de la capucine, plus de frigo quand on optait pour l’option « gaz ». Des petits soucis qui nous font dire que ce camion est truffé de vices cachés ! Les fusibles pètent après trois mois d’utilisation, est-ce normal ? Je dis bien des fusibles, trois pour l’instant en une semaine !


Le 16 octobre, nous retournons au centre-ville pour acheter le journal et faire quelques achats, ensuite nous partons pour la campagne.


La route est agréable et les villages traversés sont mignons, les maisons à colombages sont plutôt typiques. La région est vallonnée et boisée, je respire.


Vaake est le petit village où nous nous arrêtons, il y a un camping équipé pour les véhicules comme le notre et nous avons besoin de vidanger les eaux usées, remplir les réserves et bénéficier de l’électricité pour voir si le frigo et la télé fonctionnent, par exemple… Le gérant ne parlait pas trop l’anglais, mais s’est montré très accueillant et disponible.


Enfin installés et rassurés ; notre garde-manger n’est pas foutu et on peut y conserver les aliments au frais, par contre la télé ne marche plus sur le 12 volts, pour la deuxième fois le branchement n’a pas tenu ! Mais le plus important était notre survie alimentaire.


Vaake est un petit village au bord de la route principale et longe la rivière «  Weser ». J’ai essayé de demander des renseignements à trois papis faisant de la maçonnerie et après un bon fou rire nous avons tout de même pu nous mettre d’accord et je crois, nous comprendre. Une jeune fille qui passait m’a confirmé que j’avais bien saisi les instructions. Comme quoi, il suffit de peu pour communiquer.


Nous sommes restés dans le coin jusqu’au 19 au matin et puis nous sommes allés à Hann-Münden, à une dizaine de kilomètres. On nous en avait parlée en bien à Kassel.


Au début de notre voyage nous pensions à tort que l’Allemagne était mal ou peu équipée en camping, aires de services pour les camping-cars. La région que nous avons traversée n’était peut-être pas touristique et n’en voyait pas le besoin, car depuis que nous avons remis les pieds en Allemagne nous sommes agréablement surpris par tous les services que nous trouvons. Cette région-ci est touristique et s’est adaptée.


Hann-Münden, toute petite ville, en est un bon exemple. Non seulement c’est très joli, ancien et bien entretenu, mais un grand parking a été emménagé entre deux rivières, un peu à l’extérieur, où tout véhicule peut trouver un stationnement et nous pouvons nous utiliser différents services. Ce n’est pas gratuit certes, mais pas trop onéreux.


Nous avons trouvé le parking aisément grâce aux indications d’un employé de la commune et nous nous sommes garés avec facilité car peu de monde, deux mobil homes étaient plantés là tristement. Aujourd’hui c’est tout autre chose !! Dans la nuit sont arrivés, par vagues, des hordes de camping-cars et au réveil nous étions une quinzaine, à présent nous sommes plus de 20…ça fait drôle, je me sens encerclé…Y a-t-il un rassemblement ? Un meeting ? On ne m’aurait pas prévenu ?


Depuis 10h00 je range mes photos et mes textes, cela fait plus de cinq heures que je suis sur mon ordinateur, que j’ai les rideaux levés et que je vois défiler tous ces gros véhicules qui se serrent de plus en plus prés les uns des autres…bizarre.


Hier nous avons pris le temps de nous promener dans cette ville typique, d’admirer toutes ces grandes maisons bien décorées. L’Hôtel de Ville est drôlement coloré et la toiture de tuiles de l’église qui se trouve derrière est impressionnante. Nous avons trouvé un Internet café et c’est de là que je me connecterai cet après-midi.


Pas eu de chance, trop de monde et je n’ai donc pas pu mettre mon site à jour…je reviendrai demain.


Nous avons donc fait le marché sur la place de l’Hôtel de Ville, acheté quelques fruits et nous avons discuté avec un italien, installé à Hann Münden depuis quelques années. Il nous a parut très nostalgique de son pays. Originaire d’une petite ville du sud, à une cinquantaine de kilomètres de Lecce, il aurait quelques difficultés à s’adapter même s’il travaille ici. Pour lui la plus belle ville d’Europe est Rome.


Ah ! Ces italiens, que des chauvins. Il ne m’a pas parlé de football…étonnant.


Un couple d’allemands d’un certain âge, dont la femme est née dans cette ville et le mari a fait son service militaire ici, nous indique les sentiers de randonnée que nous pouvons emprunter. Nous irons sur les hauteurs observer le panorama.


En nous rendant au parking, nous avons un spectacle étrange, ce n’est plus une vingtaine de camping-cars mais plus d’une trentaine qui s’agglutinent autour des bornes électriques. Allons-nous retrouver le notre?






03/11/2006 : titre
 

Nous sommes revenus à Kassel pendant deux jours et deux nuits car Armelle voulait voir une exposition. J’en ai donc profité pour mettre mon site à jour, vu qu’à Hann Münden je n’ai pu utiliser l’ordinateur du café Internet, le câble USB ne fonctionnait pas. De plus à Kassel j’avais remarqué un kiosque à journaux qui vendait la presse internationale. J’ai donc positivé notre retour dans cette cité qui, malgré ses parcs et sa circulation fluide, ne m’attire pas vraiment. Je la trouve fade et me fait penser aux villes modernes ou alors paradoxalement aux villes soviétiques avec leurs grands bâtiments, grandes places et grandes avenues. J’exagère sûrement...

           Nous avons aussi fait les courses avant de nous arrêter à nouveau à Hann Münden pour faire le plein d’eau et d’énergie.

 Ensuite nous nous rendons à Goslar qui se situe en bordure du massif du Harz. Site apparemment touristique où se retrouvent les allemands pour passer le week-end. Nous verrons bien.

             Jeudi 26 octobre à 16h45 nous arrivons à Goslar et nous filons à l’office du tourisme avant sa fermeture. Nous nous retrouvons sur la belle place du marché au milieu de laquelle une jolie fontaine avec un oiseau couronné, est en rénovation.

             Nous faisons un petit tour dans la ville et avant que la nuit et le froid nous surprennent nous rejoignons notre véhicule. Puis nous nous dirigeons vers un autre parking qui accueille les camping-cars et qui propose des services tels que la vidange et le plein d’eau.

            Je voudrais faire une petite parenthèse car j’ai regardé ce midi les informations françaises. Et toujours cette vieille rengaine ; il faut faire payer aux utilisateurs, aux consommateurs, c’est-à-dire aux citoyens, des taxes concernant les véhicules pollueurs. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que les gros 4x4 n’ont rien à faire en centre-ville et les arguments des familles nombreuses ne tiennent pas la route. Il y a d’autres véhicules étudiés à cet effet. Mais concernant ces taxes, ce n’est pas aux acheteurs à être pénalisés mais aux constructeurs, aux industriels qui dictent notre politique et nos besoins. Nous avons établi il y a quelques années des règles, des lois sécuritaires pour les fabricants de jouets pour enfants, nous devrions en faire de même quant aux jouets pour adultes. Bien sûr qu’il faut repousser au maximum cette marée anormale de gros engins aux quatre roues motrices de nos villes.

              Et puis ce n’est pas les parkings plus chers qui stopperont cet effet de mode ! Nous ne trouverons pas la solution en sanctionnant encore et toujours de la même manière.

              C’est comme pour les cigarettes. Pourquoi ceux qui mettent en vente ce poison mortel ne paieraient-ils pas pour leurs fautes graves et préméditées ?

              C’est pour ces raisons, entre autres, que ce réflexe systématique de taxes n’est pas à mes yeux une bonne idée, car nous voyons bien que ce n’est pas la fulgurante hausse des prix des paquets de cigarettes qui empêche de fumer et empêche les fabricants de continuer à s’enrichir en nous tuant…

             Pour en revenir à Goslar, c’est une jolie petite ville aux ruelles pavées où les maisons à colombages et autres bâtiments pittoresques ont été entretenus à merveille. L’art est présent partout, deux statues de Fernando Botero sont à l’entrée d’une rue commerçante, de petites places paisibles « cachent » de surprenantes sculptures.

             Mais malgré ce décor de carte postale de Noël nous nous retrouvons actuellement devant un grave dilemme. En effet, notre véhicule va de plus en plus mal et nous devons prendre une décision. Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans un camping-car mal isolé où l’humidité, la moisissure et le froid se sont installés. Les fusibles n’arrêtent pas de sauter, ça devient insupportable ! Pour la deuxième fois nous avons été obligé de jeter la totalité du contenu du frigo. Ça ne peut plus durer.

            Après une nuit de réflexion nous décidons de prolonger encore jusqu’à Berlin et rentrer par Prague, Salzburg, le nord de l’Italie pour enfin revenir à Narbonne et rendre au plus vite ce clou à ces escrocs de vendeurs. Nous les avons contactés pour les prévenir de notre venue.

           Nous avons passé deux nuits à Leipzig. Etonnante ville historique où se déroulèrent en 1989 de grandes manifestations silencieuses et pacifiques qui annoncèrent un changement durable à l’Est et dont l’une des conséquences fut la chute du mur de Berlin. Ville héroïque, universitaire et d’arts, Leipzig que nous n’avons pas eu le temps d’apprécier à sa juste valeur par manque de temps nous a impressionné. Et que dire de tous ces passages commerciaux, de toutes ces boutiques et centres d’activités ?

           A travers cette ville nous pouvons comprendre et ressentir la force et la volonté de l’Allemagne d’être un acteur important en Europe et dans le monde. Les doutes que nous aurions pu avoir quant à la réunification des deux Allemagnes n’ont plus lieu d’être. Et ceux qui connaissaient bien les allemands ont toujours été optimistes. C’est une nation qui s’est inlassablement relevée, reconstruite et à chaque fois s’est montrée plus forte, plus puissante. C’est encore le cas aujourd’hui.

            Nous avons visité le musée d’histoire contemporaine et là aussi une sensation étrange, saisissante, rien n’est dissimulé. Des heures les plus graves, les plus dures, à la renaissance d’une nation et l’influence de l’extérieur, tout y est exposé.

          Une caricature d’après-guerre a retenu mon attention. Elle décrit le partage de l’Europe par les alliés et l’on voit les Etats-Unis diriger les débats et distribuer les parts, comme on se partage un gâteau, tout en se gardant la meilleure. Image intemporelle…

          En sortant du musée, un autre spectacle, la mairie. Bâtiment imposant et décoré dans lequel nous trouvons le musée des Beaux-Arts.


           Ne pouvant rester plus longtemps, le lendemain matin nous prenons la direction de Potsdam.

          Le 30 octobre nous entrons dans cette ville qui a vu passer de nombreuses personnalités historiques. C’est une cité étrange, bâtie sur et autour de l’eau avec de nombreux espaces verts et des bâtiments très colorés, c’est on ne peut plus « rococo ».

        On y trouve des édifices gigantesques, des avenues sans fin qui rappellent le style soviétique, mais pas seulement car à Potsdam beaucoup de nationalités ont contribué au cours de son histoire à son évolution architecturale notamment les hollandais, les français…et tout se mélange agréablement.

          Mais le temps ne nous permet pas de flâner en ces lieux plus longtemps et Berlin n’est pas bien loin. Nous sommes restés deux nuits dans un camping plutôt onéreux et nous sommes partis pour la capitale le 1er novembre.

          Nous connaissons actuellement les jours les plus froids de notre parcours et pour rajouter un peu de piment le vent et la pluie ont refait leur apparition. Nous avons donc sorti nos habits d’hiver.

            C’est curieux, je voulais voir Berlin depuis très longtemps, et maintenant que je me retrouve à ses portes (une seule a survécu en fait) je suis comme un enfant devant un sachet de friandises ne sachant par quoi commencer, il y a tellement de choses à voir ou à faire.

           Nous avons pris le métro à la station Alt-Tegel car nous stationnons dans un « parc » à camping-cars à l’extérieur de la ville et 17 arrêts plus tard, nous descendons à Stadmitte. Nous sommes allés à l’emplacement du Check Point Charlie un des deux accès possibles entre les deux Berlin à l’époque du mur puis nous nous sommes rendus sur la Potsdamer Platz où de magnifiques  et modernes buildings sont érigés.


            Il y a beaucoup de grues qui prouvent l’activité perpétuelle de cette ville qui bouge et grandit.

           Nous avons bien sûr vu la porte de Brandebourg symbole historique et nous avons remonté l’avenue Unter den Linden (Sous les Tilleuls) pour arriver sur Alexanderplatz. Entre-temps nous nous sommes arrêtés au musée  Deutsche Guggenheim pour voir une exposition consacrée à Beuys et à Barney.


           Pas eu vraiment le temps de discuter et la nuit nous a surpris, nous sommes donc rentrés tranquillement mais gelés dans notre habitation roulante mal isolée.

           Je pense que nous allons rester plus longtemps que prévu malgré le climat et les problèmes que nous connaissons avec notre véhicule. Pour l’instant nous avons l’électricité qui nous permet de conserver nos aliments au frais car le frigo ne fonctionne plus qu’en 220 volts.


























23/11/2006 : titre
 

Nous sommes donc restés jusqu'au 4 novembre.


Berlin, capitale de l'Allemagne suite à la réunification, avec 3 500 000 habitants environ, la ville s'étend sur 890 km² et constitue un Land.


Berlin est un magnifique chantier. Une ville cosmopolite bien entendu comme la plupart des capitales mais une grande ville à taille humaine où l'art est activement représenté, l'art mais aussi l'histoire.


Nous avons fait plusieurs galeries et je dois avouer que l'exposition du musée Guggenheim ne m'a pas réellement inspiré. Les travaux de Beuys, qu'Armelle a étudiés, pourraient me tenter mais ceux de Barney pas du tout. Je ne veux pas jouer les critiques d'arts mais cet homme me semble légèrement dérangé.


Sinon nous sommes revenus sur l'Alexanderplatz, pris quelques photos du Reichstag qu'Hitler avait incendié en 1933 et de nouveau passés sous la porte de Brandebourg, de jour cette fois.


Un bus d'asiatiques, tous en uniforme, remplissait la place, image surréaliste mais pourtant bien réelle. Un homme a eu le tort d'en prendre quelques-uns en photo avec l'appareil de l'un d'entre eux et ils ont tous voulu lui serrer la main pour le remercier. Je suppose qu'il doit encore y être…


Quatre jours ne suffisent pas à apprécier une telle cité, ou à tisser des liens avec les habitants et à se faire une idée mais nous garderons tout de même de belles images et une sensation agréable.


Au petit matin l'herbe tout autour était blanche, signe qu'il fallait partir vers une autre destination.



 



Nous avons passé le week-end à Dresde. Ville qui a été détruite à 80% par 800 bombardiers alliés en février 1945 sans réelle raison, ni but militaire. Elle fut entièrement reconstruite et le résultat concernant les sites historiques est remarquable. Quant aux quartiers plus modernes, plus récents, on reconnaît le style soviétique. Et tout ce mélange forme un ensemble fort intéressant.


En arrivant nous fûmes surpris par l'activité et le monde partout en centre-ville. Plus une place pour se garer et une circulation des plus denses. En fait le Dynamo de Dresde recevait Berlin pour un sacré derby footballistique. Une telle foule est plutôt étonnante pour une rencontre de 3ème division. De plus il y avait un festival de musique techno.


Nous sommes donc arrivés au bon  moment.



 



Lundi 06 novembre nous partons pour Prague et la République Tchèque.


Nous traversons un décor de petite montagne pour atteindre le premier poste de frontière et nous devons sortir nos papiers.



 



La République Tchèque, 10 500 000 habitants, soit 130,6 au km². Entourée par l'Allemagne,  la Pologne, la Slovaquie et l'Autriche. Prague est la capitale du pays devenu république parlementaire en 1993, date de la partition de la Tchécoslovaquie.


En redescendant nous arrivons à Teplice où étrangement nous voyons des prostitués sur la route et derrière les vitrines, des hôtels de passes, des clubs érotiques et ce en grand nombre. La chaussée est défoncée, les murs des maisons, des bâtiments, sont gris (sales), ça nous change de l'Allemagne. On peut imaginer la pauvreté et l'atmosphère de la région qui diffèrent de ce que nous avons pu voir dans le pays voisin. Mais nous ne faisons que passer et il me tarde de revoir Prague où j'avais passé quelques jours en 1994. J'étais tombé sous le charme de cette ville qui pour moi est la plus belle de toutes celles que j'ai pu visiter.


C'est en fin d'après-midi, vers 17h00 que nous apercevons au loin les lumières de la ville. Nous y entrons avec, personnellement, beaucoup d'excitation. Nous roulons sur les pavés et prenons la direction d'un centre d'informations pour touristes, que nous sommes.


Je dois avouer avoir eu quelques difficultés à me garer, surtout dans le quartier qui se situe en dessous du Palais Royal. Armelle est vite descendue récupérer les renseignements nécessaires et quand j'ai pu stationner le camion, je l'ai retrouvée et amenée rapidement sur le pont Charles qui se trouvait à quelques pas. Magnifique! De nuit c'est aussi très beau.


Nous avons facilement trouvé un camping dans le secteur de Trojska, sur les hauteurs. C'est une gentille famille qui tient ce camping et tous les services sont disponibles ainsi que la connexion sans fil à Internet. De plus le bus s'arrête à 10 mètres et le tram à 50, dans les deux cas pas plus de 20 minutes de trajet pour rejoindre le centre-ville.


Nous nous installons tranquillement et moi je pense déjà au lendemain en sachant ce qui nous attendait.


Le matin nous prenons le bus puis le métro et descendons à la station Muzeum. Autant dire au beau milieu de la ville.  Tout en haut de l'avenue Vaclavské et dos au Musée national, nous pouvons admirer la vue et l'activité d'un des endroits les plus fréquentés. Je suis surpris par l'évolution de cette ville, plus j'avance et plus je vois une capitale européenne, avec ses magasins, ses restaurants et Grands Hôtels. Je n'avais pas eu ce spectacle-là il y a 12 ans. Surpris mais pas vraiment déçu, je suis sûr qu'elle est toujours aussi troublante, plus à l'intérieur, dans ses ruelles et derrières certains passages ou portes.


Nous nous dirigeons donc vers la vieille ville - Staré Mesto – et la place de l'Hôtel de ville, avec ses églises, ses maisons réputées et colorées, sa fontaine, son monument à la mémoire de Jan Hus, ses écoles et palais. Rien n'a "bougé", rien n'a changé, je retrouve les mêmes émotions, seules les petites échoppes, baraques en bois, se sont décalées et se retrouvent à présent un peu en bordure de la place centrale.


Pas de doutes, cette ville est merveilleuse, d'ailleurs nous y sommes restés une semaine, et tous les jours nous découvrions ou redécouvrions les charmes de ce lieu historique. Nous avions presque pris des habitudes, comme aller au marché derrière l'Hôtel de Ville, ou bien prendre notre journal dans un kiosque prêt de la station Mustek.


Seule petite déception, l'accueil que nous avons eu dans le quartier juif, plus exactement au cimetière dans lequel j'avais pris, lors de ma première visite, une photo que je voulais renouveler, retravailler. Il est vrai que nous étions arrivés à une heure proche de la fermeture mais nous aurions préféré l'apprendre d'une autre manière. Bref, vexés nous n'y sommes pas retournés…non mais!


Nous avons sympathisé avec les filles du restaurant St Nicolas, qui se trouve derrière les boutiques en bois du centre-ville, elles cuisinent bien et sont très gentilles.


Petite parenthèse au sujet de l'Union Européenne ; la République Tchèque possède toujours sa monnaie, la couronne tchèque, et si le passage à l'euro doit s'effectuer, ce que peu semblent vouloir, il risque d'y avoir quelques emplois, des centaines voire des milliers, qui vont disparaître, je veux parler des bureaux de change. Il y en a dans toutes les rues et dans toutes les villes. C'est aussi une conséquence de l'Union.


Nous sommes montés au Château de Prague qui surplombe la ville et qui est composé du Palais Royal, du Parlement et qui est donc le cœur politique du pays. De cet endroit nous avons une vue superbe de la ville, des villes, de la vieille et de la nouvelle, des ponts et notamment du pont Charles par lequel nous sommes entrés dans ce quartier pavé et pentu.


A l'intérieur du Château nous pouvons entrer dans de toutes petites maisons transformées en boutiques colorées, je me souvenais de cette ruelle et de ces maisonnettes et je tenais à les revoir. Par contre je n'ai pas retrouvé ce lieu où les vieux métiers étaient représentés…dommage.


Prague ne m'aura pas déçu, toujours aussi envoûtante, toujours aussi belle. Ce n'est pas le froid et l'hiver qui s'installait qui nous ont dérangé. Cette ville vous transporte, vous charme et vous en gardez un souvenir pour toujours, elle vous marque.



 



C'est donc en reculant que nous prenons la route de Ceski Krumlov le 14 novembre.


Nous nous sommes arrêtés sur un parking, un "autorest", déserté, pour la nuit. Au matin nous visitons cette vieille cité historique inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco. C'est un très joli site construit autour de la Vltava, en contrebas, avec la ville contemporaine qui se développe autour et au dessus. Ce qu'il y a à voir est au centre. Rues et ruelles pavées, Château qui domine, galeries d'art, bâtisses stylées et grande place font de cette ville touristique un lieu très agréable.



 



Mercredi 15 novembre direction Salzbourg. Mais avant de rejoindre l'Autriche nous traversons une région qui semble pauvre et "abandonnée" et à nouveau des prostitués sur le bord de cette route fréquentée par les camionneurs ou voyageurs.


Nous avons fait une halte dans un stand, tenu par un asiatique charmant et très commerçant, pour dépenser nos dernières couronnes tchèques.


Puis en sortant tout comme en entrant dans ce pays, nous avons à franchir un poste frontière, nous arrêter et présenter nos papiers. Gestes que j'avais oubliés, que je n'imaginais pas reproduire en Europe, mais tout de même obligatoires.


Un douanier a voulu rentrer dans notre camping-car pour je ne sais trop quelle raison. Il n'a rien fait d'autre que jeter un œil et je ne crois pas qu'il ait pu voir quoique ce soit en trois secondes, mais bon, il faisait son travail.


Nous voilà donc en Autriche, nouveau pays pour moi, le premier de notre parcours en fait. Les autres, j'y étais déjà allé et celui-ci m'est complètement inconnu.


L'Autriche, 8 200 000 habitants environ, soit 96,6 au km². Elle est limitrophe de l'Italie, de la Slovénie, de la Hongrie, de la Slovaquie, de la République Tchèque, de l'Allemagne, du Liechtenstein et de la Suisse. République parlementaire depuis le 12 novembre 1918 suite à l'éclatement de l'empire austro-hongrois. Vienne est la capitale et la plus grande ville du pays avec 1 600 000 habitants.


Mais pour des raisons que j'ai, à plusieurs reprises, expliquées nous ne pourrons nous rendre avec regrets à Vienne.


C'est donc Salzbourg qui se trouve sur le chemin du retour que nous visiterons. Je désirais voir cette ville, non seulement parce que c'est la ville natale de Wolfgang Amadeus Mozart, mais parce que je l'imaginais, j'avais des envies de Salzbourg depuis longtemps.


Mais avant de satisfaire mes désirs c'est une route de montagne et des décors superbes qui s'offrent à nous, avec les Préalpes qui se dessinent au loin, les couleurs, la végétation qui change. Et c'est un réel contraste avec la dernière région de la République Tchèque, un petit "choc". C'est beau, propre et l'architecture est différente. Les maisons, fermes, sont entretenues. Je ne crains qu'une chose, le verglas…


Enfin Salzbourg est en vue. Nous nous arrêtons dans un camping qui est normalement fermé, nous n'étions pas au courant, mais la gérante nous fait comprendre qu'elle ne peut refuser les clients. Bonne nouvelle car la nuit est tombée et je n'avais pas envie de reprendre la route en quête d'un stationnement.


Salzbourg paraît petite, mais 150 000 personnes y résident tout de même. Le centre-ville lui n'est pas immense et se limite à un petit périmètre. Nous avons, évidemment, visité la maison natale de Mozart. Il y a du Mozart partout ici, normal pourrait-on penser, mais pas tant que cela quand on sait que de son vivant, la ville ne lui a pas reconnu l'intérêt qu'il méritait. Commerce oblige et le temps faisant, tout s'oublie et disparaît des mémoires…


Pour nous rendre au musée d'art moderne nous avons du prendre un ascenseur, car le bâtiment surplombe la cité, ce qui nous a permis d'avoir une vue imprenable et quelle vue!


Je crois que m'étais trop imaginé Salzbourg en fait, je ne suis pas vraiment déçu, elle a du charme certes mais j'en espérais autre chose je pense.


De plus la vie semble être très chère. Un exemple concret, une baguette 3€40…prix pour touristes? Je ne sais pas mais en regardant les boutiques, très jolies par ailleurs, et qui proposent des produits de qualité, nous nous sommes aperçus que les prix aussi étaient jolis!


Armelle a, par contre, apprécié les châtaignes chaudes et s'en est régalée.


Mais à vrai dire j'ai l'impression qu'il faut avoir un portefeuille bien rempli pour pouvoir vivre ici.


Impression renouvelée à Innsbruck quelques jours plus tard. C'est étrange, le carburant est un des moins onéreux, mais le reste nous semble trop élevé.


La gérante du camping de Kranebitten, commune proche de Innsbruck, fut plutôt étonnée de m'entendre parler anglais. D'après elle et je ne pense pas qu'elle aie tort, les français sont fainéants question langues étrangères. Elle m'expliquait qu'en Autriche c'était aussi le cas, l'éducation, l'enseignement ne sont pas adaptés, comme dans les pays scandinaves. J'avais comme elle remarqué cela. En ce qui me concerne, pour apprendre l'anglais j'ai dû vivre en Angleterre quelques années. Et pour des raisons professionnelles je devais me rendre à plusieurs reprises en Suède, Norvège, Finlande, Danemark ou Hollande et je fus fort surpris de remarquer que mes interlocuteurs parlaient aussi bien sinon mieux l'anglais que moi sans avoir mis un pied dans un pays anglophone, seulement en l'ayant appris à l'école. Quatre années leur suffisaient pour parler couramment. Nous sommes loin, très loin d'être aussi efficaces. Un autre exemple à suivre?


Innsbruck le dimanche est italienne. C'est assez marrant d'ailleurs, une autre langue nous chatouille les oreilles. Nous avons erré dans les rues commerçantes et flâné le long des stands du marché de Noël, sans oublier l'avenue principale, la Maria-Theressien-Strasse avec son Arc de triomphe. Puis sommes passés au dessus de la rivière Inn pour voir quelques jolies façades et prendre quelques photos avec les montagnes aux sommets enneigés en arrière plan.


D'ailleurs c'est cette fameuse neige qui menace qui nous décide à reprendre rapidement la route vers le sud et donc l'Italie.



 



Lundi 20 novembre nous traversons le Tyrol avec ses magnifiques montagnes et maisons typiques pour arriver au milieu de l'après-midi à Vérone.


L'Italie, 58 000 000 d'habitants, 191,6 au km². Entourée par la France, la Suisse, l'Autriche et la Slovénie, elle est aussi encerclée par plusieurs mers, la mer Adriatique, Ionienne, Méditerranée, Tyrrhénienne et la mer Ligurienne. La Sicile, la Sardaigne et l'île d'Elbe sont les principales îles. C'est une république parlementaire et l'unification italienne est proclamée le 17 mars 1861 mais Rome ne devient la capitale de l'Italie qu'en 1870.



 



Nous avons avec nous un livre qui regroupe tous les campings de France et d'Europe et pour avouer il ne nous est pas d'un grand secours car de nombreuses erreurs y figurent! Trop de mauvaises informations pour s'appuyer dessus. Et nous nous sommes retrouvés devant un portail fermé d'un camping soi disant ouvert jusqu'à la fin du mois. Heureusement de sympathiques italiens nous ont orientés vers un camping ouvert toute l'année. En fait il est situé au bord d'un immense lac et entouré de nombreux campings saisonniers. Des parcs d'activités aquatiques, de représentations style Hollywood…bref un nid à touristes en haute saison s'est implanté autour de ce fameux lac.


Après avoir choisi un emplacement nous nous renseignons sur les horaires de bus pour Vérone car nous sommes à une vingtaine de kilomètres de la cité de Roméo e Gulietta.


Apparemment nous n'avions pas tout compris, les horaires d'hiver sont assez élastiques. Nous avons attendu prés d'une heure avant de voir un bus auquel nous ne croyions plus. 45 minutes plus tard nous voici au centre de cette cité romaine et l'une des plus belles de Vénétie après Venise. Ah, l'Italie! Que de richesses historiques et artistiques. Vérone est superbe et il fait bon s'y promener, même sous la pluie.


Nous avons fait la connaissance d'un patron de bar sandwicherie, fan du club de football Hellas Vérona. Je voudrais ajouter que non seulement c'est une personne fort sympathique mais ses sandwiches sont excellents, il en propose plus d'une vingtaine et son vin de la région est très bon, un peu fort mais se laisse boire.


Mis à part à Prague je ne pense pas avoir fait autant de photos en si peu de temps. Toutes les rues offrent quelque chose, des balcons fleuris, des couleurs de façade différentes, de vieilles maisons en rénovation, des édifices romains bien sûr, l'Aréna et la piazza Bra. Je ne vais pas tout citer, je n'aurais pas assez de batterie.


Suis enchanté par cette ville, vraiment. Je comprends pourquoi Shakespeare a choisi ce lieu romantique pour en faire le décor de son œuvre.


Renseignements pris, concernant les horaires, auprès du chauffeur de bus, à l'aller, nous nous rendons à la station pour rentrer. Malheureusement j'ai encore eu une fameuse intuition et nous sommes descendus bien trop tôt, nous avons dû marcher sous la pluie, de nuit et sur la nationale plus de quatre kilomètres…je ne m'étendrais pas sur l'ambiance durant notre promenade nocturne. C'est donc trempés jusqu'aux os que nous rejoignons enfin notre camion toujours aussi mal isolé.


Il a plu toute la nuit mais au matin un beau soleil réchauffait notre "roulotte". A midi nous prenons la route pour Milan.


Je me posais une question en roulant sur l'autoroute que nous empruntons pour atteindre notre objectif au plus vite. Le seul pays que nous traversons et où les autoroutes sont payantes sont celles qui sont le plus en travaux et le moins bien entretenues, tout comme en France d'ailleurs. Alors la question était, où va tout cet argent, et pourquoi ou pour qui faut-il payer?


En Belgique, en Hollande ou en Allemagne elles sont gratuites et l'on croirait rouler sur du velours. En Autriche il existe des vignettes pour prendre l'autoroute, peu onéreuses semble-t-il, 7€40 pour dix jours. Par contre si vous n'en possédez pas et que vous vous faites prendre c'est au minimum 200€ d'amendes.



 



11/01/2007 : titre
 

Après Milan nous devions nous arrêter à Gênes, mais les ennuis avec notre camping-car n'ayant fait qu'empirer nous avons dû nous rendre à l'évidence et prendre une douloureuse décision. En effet, nous avons continué notre route ver la France et donc obligés de mettre en suspens notre "aventure", notre périple européen.


En arrivant chez nous, à Narbonne, notre priorité fut de lancer une procédure contre le vendeur. Nous sommes aujourd'hui en attente car pour avoir gain de cause ça va sûrement prendre beaucoup de temps…cela aurait pu être rapide si nous avions à faire à des personnes honnêtes, mais ce n'est apparemment pas le cas!


Il y a quelques jours un ami vivant en Afrique, en Angola, m'a fait une proposition d'emploi. Après mûres réflexions nous avons accepté car vivre quelques années dans un autre pays africain est une expérience qui nous tente.


Voilà pour les dernières nouvelles toutes fraîches.


En ce qui concerne le projet du tour d'Europe il est suspendu mais pas annulé, repoussé...


Au sujet du site je le garde actif et essaierai de lui trouver une autre utilité, comme parler du Canada qui sera une étape avant notre séjour en Angola. Et je mettrais aussi des photos de ces pays et d'autres déplacements.


Voilà, voilà, je dois avouer être très déçu par ce que nous vivons mais nous allons rebondir et reprendrons prochainement la route ! ! !